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dossier culture qualités

BONNES PRATIQUES I FILIÈRE BLÉ

Fertilisation azotée : une question d’équilibre Les pratiques déployées dans le cadre de la stratégie agro-écologique permettent de trouver le bon équilibre entre les besoins de la plante, les reliquats du sol et les apports d’engrais. Objectif : réduire l’impact de la fertilisation azotée.

Les blés utilisés pour la fabrication des buns sont principalement des blés de force. Leur haute teneur en protéines donne à chaque petit pain son volume et sa mie légère et serrée adaptée au toaster. Pour maintenir un taux de protéines régulier et suffisant, les blés de force ont un besoin important en azote. Cependant, l’usage excessif des engrais azotés n’est pas sans conséquences sur l’environnement. Il est possible de jouer sur plusieurs leviers pour limiter ces répercussions.

La juste dose, au bon moment et au bon endroit Pour calculer la juste dose d’azote à apporter aux plantes, ni plus ni moins, la mesure des reliquats azotés en sortie d’hiver est une bonne solution. En analysant des échantillons de terre, on évalue la quantité d’azote qui reste dans le sol après les pluies d’hiver et on la compare, pour chaque parcelle, aux objectifs de production. Ensuite ? L’agriculteur peut ajuster les apports d’engrais grâce aux outils d’aide à la décision qui tiennent compte notamment des données météo. Un récepteur installé dans son tracteur le guide pour qu’il applique la dose d’engrais nécessaire en fonction de sa position dans le champ. Les technologies de l’agriculture de précision, comme les systèmes de guidage par GPS qui évitent les chevauchements d’azote entre les différents passages du tracteur, permettent de gagner encore en efficacité.

D’autres sources d’azote Les légumineuses, comme la luzerne, les pois ou les féveroles, ont la propriété de capter l’azote qui est dans l’air et de le restituer dans le sol. Introduites dans la rotation ou utilisées en interculture, elles enrichissent naturellement le sol en azote. La fertilisation organique est une alternative intéressante. Il s’agit principalement des effluents d’élevage mais aussi de déchets organiques d’origine non agricole, comme les composts de déchets verts. Enfin, certaines plantes comme la moutarde ou le seigle sont des « pièges à nitrates » : semées après la récolte du blé et avant les semis de printemps, elles absorbent l’azote du sol et évitent le « lessivage » de l’excédent de nitrates par les pluies hivernales. Elles restitueront ensuite l’azote au sol.

Les effets positifs sur l’environnement Ils sont nombreux, à commencer par une réduction des risques de pollution des eaux et des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Les apports organiques, sources d’humus, améliorent la structure du sol et sa capacité à retenir l’eau. L’introduction de légumineuses permet de renforcer l’activité biologique des sols et d’améliorer leur fertilité. De plus, ces pratiques jouent un rôle dans la lutte contre les bioagresseurs et permettent de limiter les apports de produits phytosanitaires. Sur un plan économique, la facture de l’exploitant agricole en engrais et en pesticides s’en trouve allégée.

La moutarde est une culture intermédiaire « piège à nitrates », l’une des pratiques déployées dans le cadre de la stratégie agro-écologique.

LE JOURNAL DU DÉVELOPPEMENT DURABLE10

Depuis le dernier trimestre 2017,

des producteurs de blé pour les buns McDonald’s utilisent des outils d’aide à la décision dans leurs cultures, mettent en place au moins une pratique choisie dans une « boîte à outils fertilisation » (parmi lesquelles l’utilisation de légumineuses, le couvert végétal, l’apport de fertilisant organique, les systèmes de guidage par GPS).

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